L'express de Madagascar : A la une

La Réunion – Le bourreau d’un Malgache trahi par Facebook

La Réunion – Le bourreau d’un Malgache trahi par Facebook

Le principal accusé du meurtre d’un Malgache à la Réunion en 2015 est devant les assises. Une publication sur facebook, confortée de témoignages, l’a trahi.

Un casse-tête judiciaire. Un tissu de mensonges a éclaté au grand jour à la cour d’assises de l’île de la Réunion, avant-hier, sur le meurtre du Malgache Ivann Kehal Rakotozafy. Ce dernier a été fusillé dans l’avenue Rico Carpaye, au Port, le 11 avril 2015, aux petites heures. Le défunt a été frappé de projectiles dans l’abdomen. Une publication sur facebook du présumé tueur, arme à la main, ainsi que d’autres éléments troublants crèvent l’abcès.« J’ai rarement rencontré un accusé qui s’obstine à mentir malgré de nombreux témoignages, qui, de surcroît, émanent de vos proches », a déploré le président de la cour d’assises, en s’adressant à l’accusé. En effet, le principal accusé se défend farouchement et clame haut et fort son innocence. Des comportements aussi suspects qu’enfantins ont mis la puce à l’oreille. Les témoignages ont révélé que quelques jours avant, le principal accusé se serait amusé à se faire passer pour la terreur du quartier, en exhibant dans la rue un fusil à pompe pouvant bien être celui utilisé pour commettre l’homicide.D’ailleurs, il s’est affiché sur les réseaux sociaux en mettant l’arme en évidence. D’autres déclarations à charge de personnes de son entourage révèlent de surcroît que le quidam aurait fanfaronné auprès de ses amis comme étant l’assassin du jeune malgache.

Fusil venduLors des enquêtes préliminaires, il a d’abord nié en bloc toute implication avant de finir par admettre avoir détenu le fusil en question.Tentant de couper court aux investigations, il a signifié l’avoir vendu à un inconnu.« Il a fallu que les éléments incriminants s’enchaînent, que l’on retrouve à votre domicile des cartouches compromettantes pour que vous finissiez par avouer que vous avez effectivement détenu l’arme », ajoute le président de la cour d’assises.Le tueur présumé encourt trente ans de réclusion criminelle. En guise de défense, il a affirmé s’être procuré l’arme pour se défendre contre deux individus qui l’auraient agressé. Il affirme éprouver une haine à vie à l’endroit de ses prétendus agresseurs, mais soutient ne pas avoir commis l’homicide.«Je ne suis même pas capable de tirer sur des personnes qui m’ont attaqué», se défend-il. L’avocat de l’accusé met en avant que tout repose sur de simples rumeurs.

Recueilli par Andry Manase