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Chronique : poison à petites doses

Chronique : poison à petites doses

La hausse du prix des journaux décidée par les éditeurs de presse alerte bon nombre de lecteurs, les commentaires vont bon train. Les entrepreneurs n’ignorent pas que cette augmentation indispensable à un sain équilibre de gestion, pénalise leur lectorat au sein duquel certains en limite de budget s’obligent à faire des coupes dans les achats et ne pouvant suivre le mouvement sacrifient peut-être l’achat de journaux. Dans le marasme actuel les problèmes qui se posent au secteur de la presse écrite ne constituent pas un cas isolé, les conséquences qu’en supportent les journaux ne fâchent pas les gens du pouvoir, nombreux dans le public pensent même que ceux-ci s’en frottent les mains voire même ont poussé à la roue pour que se multiplient les difficultés à éditer. Ils n’ont pas économisé en manœuvres pour restreindre la liberté pour le contenu des journaux, pourquoi se priveraient-ils de donner des coups de pouce aux opportunités pour intensifier les difficultés matérielles. Le public ignore la réalité technique des méthodes à cette fin, mais il déborde d’imagination à prêter au pouvoir toutes sortes de capacité à inventer des astuces diaboliques pour nuire à leurs adversaires.

La presse représente un adversaire aux yeux d’un pouvoir qui a beaucoup de choses à cacher. C’est sans doute le cas. L’acharnement de l’une des parties à l’endroit de l’autre est réciproque. Moins la gouvernance est transparente plus elle excite la curiosité des journalistes, plus les journalistes fouinent plus le pouvoir tente de créer des difficultés aux tentatives de recherche de vérité. Tous les moyens sont bons pour nuire à la diffusion d’une diversité de l’information, dans cet esprit, les plus zélés ne négligent pas d’adopter les mesures les plus mesquines pour gêner la plus classique méthode de distribution des journaux. Ils ont interdit aux crieurs l’accès de la nouvelle Gare routière sur la Route-digue. Parmi ceux qui sèment le désordre dans ces lieux comme dans les rues de la ville, les crieurs ne se classent pas au premier rang. Entre les pickpockets mêlés aux braillards mpanera, les mendiants collants et les vendeurs ambulants davantage harceleurs qu’à la sauvette, les crieurs de journaux sont des modèles qui ne dérangent ni leur clientèle ni les tiers usagers des lieux. Que règne le désordre n’importune pas les gouvernants, la circulation des infos autres que les leurs, seules officielles ayant droit de cité leur donne des boutons. Ils oublient que le bouche-à-oreille est assassin quand il n’y a place qu’au monologue diffuseur d’une pensée unique.

Léo Raz