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Andasibe – Un chasseur de lémuriens arrêté

Andasibe – Un chasseur de lémuriens arrêté

Braconnage. La gendarmerie a mis la main sur un chasseur d’indriidés, mercredi, à 5 heures du matin, en plein cœur de l’aire protégée, au niveau de la forêt d’Iaroka, à Andasibe. Dix cadavres de babakoto (indri) et un simpona ou sifaka ont été pris sur lui. Cet homme est pourtant vice-président de la collectivité locale, vondron’olona ifotony ou VOI miara-dia, société protectrice de l’environnement dans cette localité. Deux complices ont pu s’enfuir et sont activement recherchés. Selon Toto Jean Etienne, président de VOI firaisankina, un braconnage a été signalé dans la nuit de mardi à mercredi. « Cette nuit-là, nos trois patrouilleurs à Antavolobe ont entendu des coups de feu au milieu de la forêt. Ils ont immédiatement rejoint Andasibe à 14km pour prévenir les gendarmes et leurs collègues », a-t-il indiqué. Ils se sont alors donné rendez-vous mercredi à l’aube pour piéger les traqueurs.Ces derniers étaient en chasse lorsque les forces de l’ordre sont arrivées sur place. « Ces collecteurs avaient déjà construit une hutte », a raconté le même interlocuteur. « Nous les avons attendus et guettés un peu plus loin. Sur les lieux, nous avons découvert cinq cadavres d’Indri indri, une marmite, des cuillères, des couvertures et des allumettes pour servir d’explosifs », a témoigné un élément de la gendarmerie. Ces bandits, selon le vocabulaire des villageois, ont été encerclés, mais deux d’entre eux ont quand même réussi à s’échapper.

Protection absolue« Un fusil de chasse français de marque Elite et un autre de fabrication locale, ainsi que dix-neuf munitions ont été saisis », a précisé le gendarme principal de première classe, Yvon Randriamiarana, chef de poste à Andasibe. Le captif sera déféré au parquet ce jour, selon les explications reçues.Ces espèces endémiques menacées, Propithecus diadema et Indri indri, sont soumises à une protection absolue, selon le décret 2006-400 régissant les faunes sauvages. Leur chasse et consommation est strictement interdite. « Tout safari pratiqué hors des périodes prescrites par l’Etat, du début de mai jusqu’à la fin de septembre, est considéré illégal », a souligné le service de l’information et de la communication du ministère de l’Environnement, de l’Écologie et des Forêts, hier. Le résultat de l’enquête de la gendarmerie n’a pas révélé la destination de ces « babakoto » et « sifaka » piégés. Toto Jean Étienne a rappelé que ce n’est pas la première fois qu’un braconnage a été constaté au cœur de cette aire protégée.

Hajatiana Léonard