Midi Madagasikara : Société

Un plan d’urgence à mettre en place

Dire que la situation est tolérable est certainement exagérée, mais comme le disent les contempteurs du régime, cela aurait pu être pire. Les conditions de vie dans plusieurs régions de Madagascar sont épouvantables après le passage du cyclone Ava. L’insécurité alimentaire est en train de s’installer et va affaiblir encore plus une population déjà mal en point auparavant. Il est peut- être temps de décréter un véritable état de catastrophe nationale.

Un plan d’urgence à mettre en place

Les Malgaches sont des gens stoïques et même fatalistes. Ils sont habitués aux cyclones, mais cette fois-ci, les conséquences du passage d’Ava semblent avoir été plus graves qu’on l’avait escompté. Les destructions matérielles sont de très grandes ampleurs, mais elles ont entraîné une pénurie qui risque de provoquer une véritable famine. Les prix des denrées dans certaines régions ont grimpé de manière affolante et la population se sent totalement impuissante devant cette situation qui lui échappe. Aujourd’hui, c’est un véritable plan d’urgence qu’il faut élaborer pour lui venir en aide, mais pour le moment, les autorités se contentent de manifester leur compassion. Il est vrai que les aides des pays amis et des organisations internationales ne sont pas encore arrivées, mais cela ne dispense pas de mobilisation nationale pour essayer de parer au plus pressé. Le chef de l’Etat, il y a dix jours, a offert une centaine de tonnes de riz aux habitants de Toamasina, mais les sinistrés des autres villes n’ont pas eu droit à la même sollicitude. Actuellement, la population vit un véritable calvaire et elle doit supporter cette épreuve sans broncher. Les médias officiels préfèrent plutôt insister sur les perspectives futures que le régime met en avant. Ils s’attachent plus à mettre en valeur les réalisations faites sous la présidence de Hery Rajaonarimampianina. Dans quelques mois aura lieu l’élection présidentielle et les stratèges du pouvoir y pensent très fort. La propagande continue envers et contre tout.

Patrice RABE